Dandy De Nantes
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48 heures… à Naoned

Tout un chacun, passé devant une librairie, a déjà avisé un présentoir de cartes postales où l’une d’elles comportait cette phrase : « Un jour j’irai vivre en théorie, parce qu’en théorie tout se passe bien ». Nantes chérie est une immense carte postale urbaine-vegan-missile où trône cette mention : « Un jour j’irai vivre en Dandysme, parce qu’en Dandysme tout est ienb ». Ville bespoke par excellence, terre sacrée de la douceur de vivre, de la fantaisie créative, de la culture polymorphe et des cargaisons de Muscadet, Nantes est un délicieux mélange de passages obligés et de chemins de traverse. Pour qui vient visiter la Cité des Ducs quelques jours, Le Voyage à Nantes a largement mâché (#labase) le travail avec une ligne verte tracée au sol qui court rues et trottoirs. Du Château d’Anne de Bretagne en passant par la place Graslin, le passage Pommeraye, le quartier Saint-Mihiel ou l’île de Nantes : on y découvre joyeusement la ville ; on en comprend instantanément l’esprit. C’est le début d’un rêve éveillé.

…on n’y croise plus guère de divisions blindées mais on finit blindés à faire la division de ses consommations

Au point d’arrivée en gare, il n’est pas rare qu’une délégation de Dandys accueille la gent en villégiature venue de tout l’hexagone pour lui souhaiter une bienvenue enthousiaste, prélude à l’enchantement qui vient. Sortie côté nord, la traversée du superbe Jardin des Plantes, égayé par Claude Ponti, jusqu’à l’atteinte de la rue du Maréchal-Joffre constitue une agréable bouffée de respiration avant de vivre 48 heures en apnée immersive ébouriffante. On vient à Nantes pour faire la fête ou l’on n’y vient pas !

La rue du Maréchal-Joffre, courte artère vivante et très festive, est à sens unique et pour cause : on n’y croise plus guère de divisions blindées mais on finit blindés à faire la division de ses consommations. De l’insolite et plaisante Maison Café, où le babyfoot à l’étage est un incontournable, au Mojo, du Baroudeur au Dynamo, on côtoie une population qui aime sortir, sortir des sentiers battus. Paradoxe et non : Maréchal-Joffre, c’est du caviar d’auberges in. Plus loin, en se dirigeant vers Bouffay, La Ribouldingue est la belle étape qui convient au Dandy (tiens, un babyfoot) avant de s’enferrer dans le dédale léger de ce quartier étudiant où les bars sont tout le temps pleins. Bar du Coin, Havana, Prohibition, pubs et VIP, Jérusalem de sky-coca (unité de mesure d’une contenance propre au Dandysme), chemise marinière verticale, stevé à carreaux et chaussures doubles boucles, nuit de fête, matin enroué… le soleil se lève déjà derrière le dôme du Lieu Unique. Le Cours des 50 otages libère ses derniers détenus noctambules, menottés à leurs teillebous.

En journée, le terrain de jeu pour le Dandy se situe quelque part entre la place Viarme un jour de brocante, la rue Copernic pour son esprit village gaulois premium, les bords de l’Erdre si séduisants entre Saint-Mihiel et le pont de la Tortière, les places Royale, Graslin et du Pilori, le Café des Pangolins pour un mikado à l’ancienne et l’esplanade des Machines de l’îlebarrit le symbole absolu de Nantes : le Grand Éléphant. Là, des petits êtres chaussant du 27 sont tout émerveillés et hilares devant une carcasse de fer et de bois qui leur jette au visage de l’eau en trompe en une pluie d’étoiles dans leurs yeux. C’est le Nantes des familles, celui où il ne pleut jamais, simplement mouillé de leurs rires aux éclats. L’espace de jeu est immense, sécurisé et chaleureux, le Carrousel des Mondes Marins fascine par l’audace et la beauté de sa belle mécanique. La grande barge posée sur la Loire, qui compte un restaurant et un café (dont le nom ici sera tu), offre une vue panoramique au niveau de la mer sur la ville : à l’ouest, Trentemoult, la Butte Sainte-Anne et son Musée Jules-Verne, la Gare Maritime et le Maillé-Brézé ; en face, le célèbre quai de la Fosse et ses façades désarticulées ; à l’est, le centre-ville et la Tour de Bretagne, victime de tant de noms d’oiseaux, qu’elle a fini par y construire un Nid

Au bout de ce bout d’île de Nantes, après la Grue Titan, le Hangar à Bananes dispose d’une réputation qui n’est plus ni faite ni à faire. D’anciens hangars de déchargement de marchandises reconvertis en une dizaine de restaurants et bars, on y a parqué le peuple qui bamboche à coup de sans contact. Pour le Dandy, c’est fort sympathique à doses homéopathiques. Pour le visiteur, c’est une case à cocher sans faute. Ne serait-ce que pour La Cantine du VAN, ouverte le printemps venu, quoiqu’on en dise un condensé absolu de l’esprit Nantais. À L’Opium ou au Warehouse, on n’est pas à l’abri de se surprendre à glisser de la peau de banane à l’apothéose. Surtout si la soirée se termine au mythique Floride. Hangar(de) à toi jeune anicroche sous-trentenaire qui provoque bien aisément un Dandy peu farouche !

Le marché de Talensac semble loin à cet instant. C’est pourtant le lieu incontournable du dimanche à l’aube balbutiante. Dans ces halles couvertes du centre-ville, qui aimantent en masse Nantaises et Nantais ravis d’arborer ciré jaune et marinière pour effectuer les emplettes de leurs agapes dominicales, le Dandy passe de stands en stands pour y prélever ce qui réjouira son salutaire petit-déjeuner d’after. Après le corps liquide du Dandy, place au corps solide : qui une part de tourte chez Brison, qui un burger Nantais au saumon, qui une barquette pleine de paëlla. En un ultime effort qu’il sait être une récompense, il rejoint le discret et calme canal Saint-Félix et s’installe sur un banc face à l’alignement de bateaux. Le Remorqueur a disparu, gros Transfert de l’année 2018. Le bel auditorium de la Cité des Congrès se dresse sur le bord opposé. Au bout du canal, ouvrant sur le spectaculaire quartier d’affaires de la Petite Amazonie, le stade Marcel-Saupin symbolise ironiquement les riches heures d’un FCN ouvrier et populaire. Emma a nourri tout le séjour de ses choux à tomber. Ce qui a commencé en gare face Nord y revient par le versant Sud. Vision à 360°, plus fort que tous les alcools forts : c’est définitivement le Nantes qu’on (phon)ème.

À Jean-David A.
À Johanna R.

Signature Les Dandys