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Culture de quartier, focus sur : Foch – Saint-Mihiel

Que les grands noms des armées françaises, et leurs hauts-lieux de bataille, soient aujourd’hui le siège de tout ce que Nantes compte de bataillons noctambules et dilettantes ferait rire jaune (canari) n’importe quel territoire de France. Pas à Nantes ! La seule guerre qu’on y mène avec succès, dont chacun redoute l’annonce de l’armistice, est celle de l’art de vivre heureux et de la fête perpétuelle. En un mot, écrit grand sur un mur façon « Je tag ça je dis rien » : le Dandysme universel !

Coincée entre Saint-Clément et la place Foch, c’est-à-dire entre l’Église et l’État, l’artère du Maréchal-Joffre irrigue depuis des lustres la cité des Ducs de ses lieux insolites, vivants, hétéroclites et ravissants. Elle se moque somptueusement de la séparation des pouvoirs puisqu’elle dispose du pouvoir immense de réunir en quelques dizaines de mètres tout ce qui sépare les amateurs de kebabs des lecteurs assidus, les coworkers des joueurs de réseaux, les amateurs de bières des adeptes de la fripe. Nul hasard à ce qu’elle compte parmi les meilleurs bars de la ville, dont la longévité est proportionnelle à l’univers singulier qu’ils ont su développer et entretenir : Le Mojo, La Maison Café, Le Baroudeur, Le Dynamo, la Cour 87. Côté vestiaire, leur ayant confié de nombreux ouvrages pour sublimer son allure, le Dandy conserve une affection singulière pour les jumelles de Couture Création. Ce n’est pas l’œil du Cyclope, théâtre non loin, qui s’y tromperait. Summum de son génie créatif, la rue du Maréchal-Joffre est sans nul doute la seule au monde à posséder deux boulangeries installées littéralement côte-à-côte. De nombreux Nantais demeurent convaincus qu’il s’agit là d’une œuvre dans le cadre du before du Off du Voyage à Nantes. Donnons-leur raison.

Larme fugace sur le visage d’un quartier dont le sourire resplendit, le Dandy s’attriste, deux fois l’an, de voir les cours Saint-Pierre et Saint-André, qui mériteraient d’accueillir des compétitions internationales de boule Nantaise, être pris d’assaut (Foch, que fais-tu ?) pour la traditionnelle Fête foraine par des hordes de chérubins aux mains salies de sucre barbapapesque et de microbes peluchés. On sent confusément que la détresse parentale qui les y conduit est à deux doigts d’espérer meilleur sort à son existence en se noyant dans l’Erdre plutôt que pénétrer dans la maison hantée.

C’est le moment que le Dandy choisit pour monter au Maquis de Saffré et sortir de sa besace une teillebou de Muscadet dont il se sert des rasades en rafale de peur qu’un ennemi, plus assoiffé que lui, ne vienne la lui subtiliser. Là, face au pont Saint-Mihiel, où s’opèrent en terrasse les derniers mouvements de troupes, il contemple tout à la fois le calme et la clameur de rivages que chérissent les Nantais aux beaux jours. Quartier fétiche pour l’épanouissement du crépuscule estival dans sa version festivalière, avec les célèbres Rendez-vous de l’Erdre, Saint-Mihiel offre toute l’année le spectacle ébouriffant de la jeunesse estudiantine, jamais rassasiée de discussions interminables autour d’un monaco, de la population bureaucratisée qui y respire le grand air, des habitants du quartier qui se saluent les uns les autres, de l’exil accordé à celles et ceux à qui il manque, temporairement, un port pour s’amarrer. Cela tombe bien : le Café de l’île fait partie de ces refuges de grande générosité. Un peu plus loin, Le Canotier et La Tonnelle se partagent l’assiduité d’une clientèle qui ne se dément jamais. Saint-Mihiel est un petit bout de France bleu blanc blouge. Autant le dire : le Dandy adore !

Le dimanche des familles, que les parents aimeraient consacrer à la promenade, que les enfants aiment consacrer à la bougonnerie, emprunte invariablement la direction de l’île de Versailles et de son jardin japonais. Sur un îlot urbain insolite, se dressent de jolies merveilles paysagères de territoires lointains. Il se dégage de cet écrin de verdure un indubitable appel à la sagesse et au voyage. Vite, le Dandy saute dans un bateau à moteur, proposé fort chèrement à la location, afin de remonter le fil de l’Erdre. Fil comme une manière pour le Dandy de coudre efficacement les liens qu’il tisse avec sa ville et ce quartier qu’il goûte tant.

Signature Évariste

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