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Guide de survie dans un mariage

Sans l’appui d’une connaissance avisée du monde et d’une certaine expérience du jeu des alliances, la présence d’un Dandy dans un mariage pourrait s’apparenter à la balourdise d’un éléphant dans un jeu de quilles. Beaucoup sont prêts à reconnaître qu’un mariage fut réussi mais trop peu s’appliquent à réussir eux-mêmes un mariage… en tant qu’invité. Avec le temps, le Dandy a élevé cet exercice au rang d’art pour lequel il faut de la manière.

Un Dandy n’est pas une blogueuse mode entrant en compétition pour la captation des regards…

Le Dandy bénéficie, aux yeux de son entourage, d’un crédit vestimentaire indéniable. Revers de la médaille sur sa veste col officier, cela crée de facto d’importantes attentes pour les jours de grande cérémonie où son élégance est attendue au tournant. C’est un écueil à éviter à tout prix : jouer la surenchère. La première de toutes les élégances consiste à ne point faire ombrage au marié le jour de son mariage. Un Dandy n’est pas une blogueuse mode entrant en compétition pour la captation des regards et dont l’assurance stylistique n’est obtenue qu’à grand renfort de « likes » dûment quémandés et de photos retouchées. C’est dans le sens des détails que le Dandysme trouve son terrain d’expression ; le jour d’un mariage, il doit être porté à son paroxysme. Sous la houlette du triptyque chaussettespochetteboutons de manchette, les accessoires de sa tenue vont se jouer des couleurs (le camaïeu est l’une de ses spécialités), des symboles, et faire passer messages et clins d’œil.

Le passage en mairie a ceci d’intéressant qu’il permet de pénétrer et mesurer la richesse patrimoniale de ces maisons communes de la République et d’entendre à intervalles réguliers la lecture d’articles du Code civil, comme une berceuse pour grands enfants. S’enorgueillant de connaître du beau linge, il arrive au Dandy d’assister avec gourmandise à son lavage en famille : élu du peuple, l’édile célébrant l’idylle officie de l’état civil tout en officiant dans la vie civile comme parent de l’élu du cœur. Petits mouchoirs et poésie.

Le vin d’honneur est un moment stratégique de cristallisation (terme plus raffiné que repérage) des visages, des tenues, des liens de proximité et de percement des secrets de famille. Une coupe à la main, le Dandy se délecte de ces découvertes, avisant près du buffet une cousine du marié, discernant sous un arbre une amie d’enfance de la mariée. La généalogie devient, à cet instant précis, une discipline fort prisée. En attendant, il goûte au plaisir des rencontres que favorise le cocktail ; papillonneur en nœud papillon, il devise avec ses homologues masculins. La discussion s’engage avec l’un d’eux, banque JP Morgan, résidant en Suisse, boutons de manchette à tête de mort assortis au coloris du nœud papillon, il s’avère être un excellent analyste des mœurs vestimentaires banquières. Qui, soit dit en Maupassant, sont très proches de Bel-Ami.

Placer un Dandy dans un mariage relève d’une gageure pour la puissance invitante. Que faire de ce personnage qui se fond partout dans le décor mais a, peu ou prou, tendance à sortir du cadre ? À la différence d’une part non-négligeable des invités qu’il faut pouvoir satisfaire sur ce point, le Dandy ne consacre pas une attention majeure au dîner. Fidèle à de Musset, il privilégie l’ivresse au flacon. Son objectif est de disposer d’un lien privilégié avec le personnel chargé du service dans une intention précise : octroyer pour ses camarades de tablée les ultimes bouteilles de champagne servies après la pièce montée. Le Dandy ne peut faire mystère qu’à cette heure, elles seront généralement bues directement au goulot.

En Petit Poucet de la mise en scène, l’ouverture du bal donne au Dandy l’occasion de récolter les cailloux dont il a parsemé son chemin depuis le vin d’honneur. De fil en aiguille, il brode avec la gent féminine sa partition en véritable chorégraphe du dancefloor. Plus rien ne l’arrête. Sauf la réalité… Quelle que soit la beauté des lieux, le couperet tombe : à 3 heures du matin, le château est hanté, il faut partir. Il n’y a pas, garés dans les allées, un cortège de Uber pour poursuivre la soirée. Dans un réflexe de survie, plus que de lucidité, il glisse dans sa veste un numéro à 10 chiffres agrémenté d’un prénom. Peut-être un nouveau début, quand tout touche à sa fin…

À Camille B.​

Signature Évariste

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