1598 : Édit de Nantes, 2015 : Dandy De Nantes...

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Café de l’Orangerie

Restaurant, Salon de thé

Google Maps Café de l'Orangerie Nantes15 rue Gambetta - Jardin des Plantes - 44000 Nantes
Deux verres de vin blanc sur la terrasse ensoleillée du café de l’orangerie, restaurant, salon de thé à Nantes

A la sortie des classes, le Café de l’Orangerie, avec sa jolie terrasse et ses abords verdis, offre toute sa place à la détente d’un Dandy qui y pose sa besace, ravi. Pourtant un élément majeur devrait l’en rebuter. A proximité, juste en contrebas, des enfants – définition : êtres tout petits et souvent irrespectueux que les parents veulent destiner à l’architecture ou la médecine et qui finiront dans la longue file d’attente consumériste d’Atlantis en quête d’un sombre accessoire de séduction permettant d’exaucer leurs vœux de réussite sociale – s’égayent dans le sable et sur les balançoires à la vue de leurs mères partageant, confortablement assises, un café allongé ou un chocolat liégeois. Un chocolat liégeois... La famille est un naufrage, dont le Dandy a la chance d’être rescapé.

On ne mesure pas toute l’influence d’un réseau de propriétaires de poussettes sur la composition d’une carte

Il est 16h30, nous sommes un jeudi, ce sera un verre de Malvoisie. Le Salon, excellent pour la santé quand précisément on l’en retire (le thé), s’avère très agréable à cette heure. Moment suspendu et propice à toutes les évasions. Il faudra aussi y revenir pour tester la restauration du midi. La carte, présentée à l’ardoise, renouvelée tous les jours, ménage habilement les susceptibilités gustatives – conséquence des vagues concomitantes de colonisation végétarienne, sans gluten, sans os, sans gras, sans vinaigrette, sans sucre ajouté, sans fil dans les haricots verts. On ne mesure pas toute l’influence d’un réseau de propriétaires de poussettes sur la composition d’une carte.

En surplomb du Jardin des Plantes, exposé à tous les vents (idéologiques donc, comme météorologiques), le Dandy se convainc que ces rafales qui, physiquement, le décoiffent sont annonciatrices des grandes marées. Les vraies. Pas seulement celle, éthylique, à laquelle il est en train de succomber sous le poids du déferlement des vagues de Malvoisie. Lui revient alors en tête le précepte vaguement oisif de son ancienne patronne, pour qui « faire et défaire c’est toujours travailler ». A cet instant, plus Dandy que jamais, tous les feux sont passés de l’Orangerie au verre : ne rien faire, c’est encore bien mieux que travailler.

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Le 2 octobre 2015