1598 : Édit de Nantes, 2015 : Dandy De Nantes...

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Berlin 1989

Bar, restaurant

Google Maps, Berlin 1989, Bar, restaurant à Nantes95 Boulevard Gabriel Lauriol - Petit-Port - 44300 Nantes
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Berlin 1989, Bar, restaurant à Nantes

Peu de temps après avoir sévi face à l’incrédule André Vallini qui s’est demandé, ce matin-là, qui avait bien pu mettre des substances psychoactives dans les croissants de La Mie Câline, l’intervieweur-star-phare de la station Europe 1 a récidivé :
Jean-Pierre Elkabbach : « Alors Berlin 1989, quelle couleur vous préférez pour le mur ? »
Berlin 1989 : « Pour le mur, quel mur ? »
Elkabbach : « Comment quel mur ? Le mur sur lequel votre projet de bar resto bobo branché gaucho junky funky pour amateurs de bières et de sound system va se fracasser. »
Berlin 1989 : « D’abord le mur est déjà tombé, vous le savez bien, et notre projet a bien l’intention d’en fracasser d’autres et pas des moindres, à commencer par le mur des cons. »

...le niveau de vie à Berlin est largement à la portée du public Nantais.

Que les choses soient bien claires : Berlin 1989 ne s’embarrasse pas vraiment de détails. Ni dans les propos, ni dans la déco, ni dans la cuisine. C’est direct, franc, efficace, sans détours. À l’image de cet échange où le Dandy, osant spontanément un « yes » au moment de l’annonce de son plat, se voit rétorquer du tac-au-tac par la serveuse : « ici, c’est pas yes, c’est ya, on est Berlin ». Tacle appuyé, ça c’est Thomas Meunier. 1-0 pour Berlin.

Depuis son ouverture à la rentrée 2016, le lieu cartonne – à juste titre. Les double Currywurst réchauffent le cœur (à l’Ouest), le Gâteau presque Nantais achève de baisser le rideau (à l’Est). Tous les plats sont autour de 10 euros, les desserts 5 euros : le niveau de vie à Berlin est largement à la portée du public Nantais. Et des étudiants tout proches qui ont dégotté là un QG royal dont aurait rêvé le Dandy dans ses jeunes années. Univers volontairement industriel, banquettes reposant sur des parpaings, accès aux toilettes par un rideau à lanières PVC façon chambre froide, bar composé de carreaux de carrelage noir qui auraient pu servir à habiller une salle de bains, guirlandes lumineuses multicolores donnant à la terrasse un côté guinguette, films en noir et blanc projetés sur un mur, sans le son, assuré en fin de semaine par un passeur de vinyles.

Un flash traverse l’esprit du Dandy : il faudrait organiser ici une rencontre entre Jean-Pierre Elkabbach et Joël Hubaut. Le Dandy garde encore en mémoire, il y a un an, la performance indescriptible que l’artiste contemporain délivra à la galerie Paradise : comme un gourou schizophrène affublé de boites de conserve et lessive, une planche à roulettes scotchée au visage, il débitait dans un micro, dont on a depuis appris le décès, des onomatopées serbo-turkmènes pour les plus identifiables, résonnant en écho hypnotisant dans une ambiance de rave party fin de siècle. Une telle rencontre au sommet franchirait assurément le mur du son, dont nous savons désormais que Berlin 1989 a tout à fait les moyens de le fracasser.

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7 mars 2017